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La puff : populaire aujourd’hui, mais quels effets demain ?

Publié le 3 mars 2026 Mars 2026

La puff (“bouffée” en anglais) est une cigarette électronique avec ou sans nicotine qui n’est pas rechargeable, donc jetable. Arrivée tout droit des États-Unis, c’est en 2021 qu’elle fait son apparition en France. Son design coloré et ses goûts variés vont attirer notamment les jeunes, mais derrière ce gadget à la mode se cache de réels risques sur la santé physique et mentale, mais aussi sur l'environnement. LMDE fait le point sur la puff pour t’aider à rester vigilant. N'hésite pas à poser tes questions aux professionnels de santé et aux associations spécialisées.


Les points clés à retenir :

  • La puff est un dérivé de la cigarette électronique qui contient de la nicotine ou non.  
  • Souvent jetables, elle comporte un risque environnemental important.
  • Son design coloré, ses goûts, et son absence odeur attire les jeunes, même non-fumeurs.
  • Elle présente de nombreux risques pour la santé et peut devenir la porte d’entrée vers la cigarette classique.

Composition et dosage

La puff est un dérivé de la cigarette électronique qui contient du propylène glycol, de la glycérine végétale, des arômes et de la nicotine. Si le consommateur choisit une puff en contenant, le dosage nicotinique peut varier entre 0 et 20 mg/mL (seuil légal dans l’Union européenne). Cependant, certaines puffs peuvent aller au-delà de ce seuil et donc dépasser 2% de nicotine. En moyenne, ce sont les puffs à 600 bouffées (soit l’équivalent de 40 cigarettes) qui sont les plus vendues, mais certaines peuvent aller jusqu’à 1000 bouffées.

La nicotine contenue dans la puff diffère de la nicotine provenant traditionnellement des feuilles de tabac. Après transformation chimique, on obtient de la nicotine sous forme de sels absorbés et agissant bien plus rapidement sur notre organisme que la nicotine classique. Ce sont ces transformations qui rendent de hauts taux de nicotine supportables pour des consommateurs n’ayant jamais fumé de nicotine extraite des feuilles de tabac.

Dans le cadre du programme de lutte anti-tabagisme 2023-2027, un arrêté du 24 février 2025 interdit désormais la vente, la consommation et la détention de puff jetables auparavant commercialisées légalement.

Attention :
Cette réglementation n’empêche pas pour autant la vente illégale de puff dans des commerces et en ligne. Ainsi que certaines grandes marques fabricantes de puff commercialisent désormais des produits rechargeables visant à se soumettre aux réglementations. Il existe des puff contrefaites reproduisant l’esthétique et la sensation des grandes marques commerciales. Leur fabrication est bas de gamme et non conforme. Leur consommation peut ainsi mettre davantage ta santé en danger.

Consommation et effets de la puff :

Modes de consommation

Arrivée dans les commerces en France en 2021, la consommation de puff s’est propagée notamment via un phénomène social. Cependant, son usage premier est d’être une aide à l’arrêt du tabac.

Le fait que la puff ne laisse pas d’odeur forte et que sa fumée n’est pas détectable permet qu’elle soit fumée autant en intérieur qu’en extérieur.

Selon le nombre de bouffées dans une puff, certaines peuvent être consommées en moins de 3 jours, une fréquence qui dépasse parfois celle de fumeurs de cigarettes classiques.

Mais qu’est-ce qui fait son attractivité surtout chez les jeunes ?

  • Stylisation du produit : la puff séduit les jeunes avec ses emballages colorés et ses designs parfois élaborés (donne la possibilité de choisir un dessin qui plaît, elle devient un accessoire) ;
  • Attractivité du goût : un grand nombre de jeunes consomme régulièrement la puff en n’ayant jamais consommé de nicotine classique (les divers goûts fruités ou d’illusion sucrés séduisent les acheteurs) ;
  • Abordabilité du produit : achetée via les réseaux sociaux ou via des commerces illégaux, il est possible de se fournir en packs de puff parfois vendus moins de 50 euros pour 5 puffs (prix variants selon le nombre de bouffées) ;
  • Facilité d’utilisation : l’avoir toujours dans la main peut rendre la consommation continue, certains jeunes vapotent à longueur de journée.

Les effets recherchés de la puff

La consommation de puff se justifie par les effets qu’elle apporte :

  • Un état euphorique et désinhibiteur
  • Un sentiment de détente et de relaxation
  • Une stimulation grâce à la libération de dopamine et d’adrénaline

Ces effets observés et attendus s’expliquent par le fait que la nicotine contenue dans les puffs soit qualifiée comme un psycho-stimulant.

En effet, cette substance va venir se fixer sur les récepteurs du système dopaminergique, libérant ainsi de la dopamine (hormone du plaisir) et amenant à une suractivation cérébrale.

Néanmoins, elle peut entraîner des conséquences à court ou long terme sur l’état physique.

Les effets secondaires

À court terme et à haute dose (si contient de la nicotine), la puff peut provoquer :

  • Une irritation de la gorge et de la bouche (causée par le propylène glycol) ;
  • Des maux de tête ;
  • Une toux ;
  • Des nausées ;
  • Des diarrhées ;
  • Une difficulté à se concentrer.

Attention :

  • Il y a un risque d’intoxication si tu ingères le liquide contenu dans les puff même à faible dose notamment à cause de la nicotine.
  • Si tu ressens des palpitations, des nausées, maux de tête, des vertiges, ou une confusion générale, tu fais peut-être un surdosage de nicotine. Pense alors à bien t’hydrater pour diluer la concentration de nicotine dans ton organisme et à faire une pause voire stopper ta consommation. Si tu sens que toi ou l’un de tes proches est étourdi.e, alors appelle si besoin les secours : 18, 15 ou 112.

Risques spécifiques de la puff :

  • Certains puffs dépassent le seuil de nicotine autorisé en Europe allant parfois jusqu’à 5% de nicotine  ;
  • Certains risques sont amplifiés dû à son format jetable ;
  • La puff présente des risques importants pour l’environnement (pollution due au lithium de la batterie et aux différents produits chimiques utilisés pour la fabrication des puff).

Les effets à long terme et dépendance

  • Des complications pulmonaires (asthme, difficultés respiratoires, toux et respiration sifflante)
    • Réactions allergiques et irritations des voies respiratoires au propylène glycol (également avec l’éthylène glycol) ;
    • Dommages pulmonaires avec le diacétyle lorsque chauffé et inhalé (molécule issue de la fermentation de levures qui est présente dans les e-liquides) ;
    • Impact des voies respiratoires similaire à celles observées chez des fumeurs de tabac.
  • Des conséquences au niveau cardiovasculaire : même si les risques d’infarctus ou de maladies cardiovasculaires sont moins élevés que pour les fumeurs de cigarettes dites “classiques”, il est néanmoins démontré que la nicotine augmente la pression artérielle et le rythme cardiaque pouvant amener potentiellement à long terme à des complications si l’usager à une consommation très élevée.
  • Des conséquences au niveau de la santé bucco-dentaire : parodontite, inflammation des gencives, jaunissement des dents, microbiote buccal déséquilibré.

Consommer la puff engendre un risque élevé d’une dépendance à la nicotine masquée par les arômes attractifs de la puff. On peut ainsi tomber dans l’addiction sans réellement s’en rendre compte en quelques semaines seulement. Il suffit parfois d’une seule consommation pour devenir dépendant.

La puff devient alors une porte d’entrée vers le tabagisme : si la puff ne suffit plus comme taux de nicotine alors le consommateur se retrouve en manque et va se tourner vers d’autres choses disponibles comme la cigarette.

Ainsi, la dépendance à la puff est similaire à la dépendance à la cigarette : symptômes de sevrage en nicotine ainsi que pour le geste de fumer.

Réduire les risques

S’informer correctement sur la puff et sur ce qu’elle contient est essentiel pour limiter les risques liés à sa consommation. Même si elle peut paraître anodine, la puff contient de la nicotine, une substance addictive, et son usage n’est pas sans effets sur la santé. Adopter des pratiques plus sûres permet de réduire les risques, même si la solution la plus sûre reste évidemment de ne pas consommer.

Lorsque tu consommes, pense à :

  • Vérifier le taux de nicotine et éviter les dosages élevés, surtout si tu ne fumes pas habituellement ;
  • Tirer doucement et éviter les bouffées trop rapprochées pour limiter les maux de tête, nausées ou étourdissements ;
  • Faire des pauses régulières pour ne pas consommer sans t’en rendre compte ;
  • Boire de l’eau pour éviter la déshydratation et l’irritation de la gorge ;
  • Ne pas partager ta puff (risque de transmission de microbes) ;
  • Être attentif.ve aux signes de malaise et t’arrêter si tu ne te sens pas bien.

Addiction et prise en charge :

Traitements contre la dépendance

La consommation régulière de puff peut entraîner une dépendance à la nicotine, surtout si tu l’utilises pour gérer ton stress, combler l’ennui, rester concentré ou apaiser ton anxiété. La nicotine agit rapidement sur le cerveau et peut créer un besoin difficile à contrôler.

Si tu remarques que tu ressens l’envie de tirer sur ta puff de plus en plus souvent, que tu consommes sans t’en rendre compte, ou que ton humeur (irritabilité, stress, nervosité) change lorsque tu n’en as pas, prends ces signes au sérieux. Tu peux en parler à ton médecin généraliste ou contacter Tabac Info Service pour être accompagné.

L’association de la puff avec d’autres substances (alcool, cannabis, médicaments, caféine…) peut perturber le système nerveux : nervosité accrue, troubles du sommeil, palpitations, anxiété, fatigue importante ou baisse de moral. C’est pourquoi il est important d’être entouré de personnes de confiance, mais aussi de pouvoir échanger avec des professionnels de santé (médecin, psychologue, addictologue, éducateur spécialisé…).

Il existe des solutions efficaces pour la dépendance à la nicotine, comme les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles), l’accompagnement médical ou psychologique. D’autres approches thérapeutiques (TCC, suivi psychologique, techniques de gestion du stress) peuvent aussi t’aider à comprendre et réduire ce besoin de consommer.

Les professionnels de santé spécialisés en addictologie (tabacologue notamment) peuvent t’accompagner pour réguler ou arrêter ta consommation, à ton rythme et selon tes objectifs.

Voici différentes ressources vers lesquelles tu peux t’orienter :

  • Les CSAPA (Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie) : des professionnels spécialisés y travaillent et peuvent t’aider si tu es dans le besoin ;
  • Les CJC (Consultations Jeunes Consommateurs) : tu peux t’y rendre gratuitement si tu as entre 12 et 25 ans, ces centres accueillent aussi tes proches ;
  • Les CMP (Centres Médico Psychologique) ;
  • Le numéro Drogue Info Service, anonyme, gratuit et ouvert 7j/7 de 8h à 2h : 0 800 23 13 13 ;
  • Mon soutien psy : 12 consultations par an gratuites auprès d’un psychologue près de chez toi ;
  • Tabac Info Service : 3989 (appel anonyme et gratuit, du lundi au samedi de 8h à 20h).

Si tu préfères te rapprocher d’un professionnel dans ton campus universitaire tu as également :

  • Le SSE (Service de Santé Étudiante).
  • Le BAPU (Bureau d’Aide Psychologique Universitaire) ;

Dans tous les cas, tu n’es pas seul, et il n’y a aucune honte à demander de l’aide ou à parler de ta situation. Tu peux agir sur près de 70% de ta santé ! Te renseigner et franchir le pas pour se faire accompagner et décider d’arrêter ou réduire ta consommation, c’est déjà devenir acteur de ta santé !

Prise en charge

La majorité des mutuelles de santé proposent une prise en charge des troubles liés à la consommation problématique de nicotine, y compris dans le cadre de l’usage de la puff. Cela peut concerner l’accompagnement médical ou psychologique, ainsi que certains dispositifs d’aide au sevrage.

Les substituts nicotiniques (patchs, gommes, pastilles, sprays…) peuvent être pris en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’ils sont prescrits par un professionnel de santé, et le reste à charge peut être complété par la mutuelle. Un suivi par un médecin, un addictologue ou un psychologue peut également être partiellement ou totalement remboursé selon ton contrat.

Consulte ton contrat d’assurance ou renseigne-toi auprès de ta mutuelle pour connaître précisément les garanties et les remboursements auxquels tu as droit.

Bon à savoir :

Certaines mutuelles, dont la LMDE, remboursent les consultations chez un psychologue :

  • 1ʳᵉ séance entièrement prise en charge,
  • Puis 40 € remboursés par séance, jusqu’à 10 séances par an.

Cet accompagnement peut être utile si tu souhaites faire le point sur ta consommation, comprendre ce qui t’amène à consommer la puff ou travailler sur une éventuelle dépendance.

Le savais-tu ?

La nicotine atteint le cerveau en 7 à 10 secondes : après l’inhalation, ce qui explique son fort potentiel addictif.
Une puff peut permettre jusqu’à 600 bouffées : sans pause ni fin clairement identifiable, contrairement à une cigarette.
La consommation se fait souvent par micro-bouffées répétées : ce mode d’usage rend difficile l’estimation de la quantité réellement inhalée.
La concentration maximale autorisée est de 20 mg/mL (2 %) : soit le plafond légal dans de nombreux pays européens.
L’absence d’odeur persistante : réduit la perception sociale de la consommation (pas de “signal” olfactif).
Le cerveau poursuit sa maturation jusqu’à environ 25 ans : notamment les zones liées au contrôle et à la récompense.
Les arômes sucrés ou frais réduisent la sensation d’irritation : ce qui peut faciliter l’inhalation de la nicotine.
1 puff : 1 batterie au lithium à usage unique
Une puff n’est généralement pas recyclable en l’état : car elle combine plastique, métal, électronique et batterie.
La puff n’est pas “sans nicotine” par défaut : la majorité des modèles en contiennent.

Pour aller plus loin :

Pour t’informer sur ce qu’est la puff et ses risques, tu peux retrouver différentes sources et témoignages d’anciens ou de consommateurs actuels de puff comme ceux que nous te proposons :

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