Le SNUS : Qu’est-ce que c’est ?
Mars 2026
Le SNUS est un produit du tabac conditionné dans de petits sachets contenant de la poudre de tabac, à sucer, ou à chiquer. C’est un produit plus agressif que la cigarette du fait de son mode de consommation mais aussi dans ses effets. Il provient tout droit des pays du Nord, et plus particulièrement de la Suède. Sa commercialisation est interdite depuis 1992 en Europe mais deux pays font exception : la Suède et la Norvège. Il est donc illégal de consommer en France. Nous allons t’expliquer dans cet article tout ce qu’il faut savoir sur cette substance, sa dangerosité et nos conseils en réduction de risques.
Points clés à retenir
- Le SNUS est un sachet de poudre placé entre la joue et la gencive. Sa concentration en nicotine peut être jusqu’à 5 fois supérieure à celle d’une cigarette, favorisant une forte dépendance.
- Il procure une légère euphorie, une sensation de détente et une amélioration de la concentration.
- Même sans fumée, il comporte des risques pour la santé: cancers, maladies cardiovasculaires, lésions buccales.
- En cas de difficulté, des professionnels (médecin, tabacologue, structures spécialisées) et des services d’aide existent pour accompagner l’arrêt.
Le SNUS, kesako ?
Le SNUS est un dérivé du tabac que l’on retrouve sous plusieurs formes :
- Le SNUS avec tabac : il se présente sous la forme d’un sachet de poudre de tabac que l’on place entre la joue et la gencive. Il contient de la nicotine.
- Le SNUS avec tabac + nicotine : c’est un petit sachet de nicotine, souvent de couleur blanche qui contient des fibres végétales, des arômes et des sels de nicotine (les sels de nicotines sont de la nicotine synthétique ajoutée au tabac qui en contient déjà). Ce SNUS est particulièrement addictif, son arrêt est tout aussi difficile que pour celui des cigarettes.
- Le SNUS sans tabac et sans nicotine : il se coince entre la joue et la gencive contenant seulement des herbes, des arômes. Les fabricants et vendeurs le présentent comme une alternative et une potentielle aide au sevrage. Il n’en demeure pas moins toxique.
Attention : les taux de nicotine du SNUS diffèrent selon sa composition, mais restent généralement nettement plus élevés que dans une cigarette.
Tous sont des produits hautement toxiques pour la santé : ils contiennent des composés nitrosés, des hydrocarbures, des arômes, des additifs, du tabac et d’autres produits toxiques. Leur concentration en nicotine peut être jusqu’à 5 fois plus élevée que celle des cigarettes.
A savoir : Le PH du SNUS est aussi une variante qui affecte l’absorption de la nicotine, et ce paramètre varie également en fonction du type de SNUS consommé.
Enfin, son humidité est un facteur important dans sa libération de nicotine, en effet, plus le SNUS est humide, plus la libération de nicotine est élevée. Dans certains cas, jusqu’à 70% de la nicotine contenue dans le sachet peut se libérer dans les 5 premières minutes de consommation.
Attention : Le PH et l’humidité sont 2 facteurs à prendre en compte car ils sont à l’origine de variation dans l’apparition et l’intensité des effets.
Quelles sont les méthodes de consommation ?
Son mode d’absorption est différent de celui d’une cigarette. En effet, lorsque l’on fume une cigarette, la fumée passe tout d’abord par les voies respiratoires (bouche – trachée – poumons) puis arrive dans la circulation sanguine au niveau des alvéoles pulmonaires.
Concernant le SNUS, la nicotine qu’il contient est assimilée par les muqueuses. Il arrive dans le corps par une assimilation plus lente que celle de la cigarette, cependant il y demeure plus longtemps.
Quels sont les effets recherchés ?
De nombreuses raisons peuvent pousser à la consommation de SNUS, comme l’envie d’essayer un nouveau produit, faire de nouvelles expériences, ou bien même par pression sociale pour suivre le groupe. Il est important de te renseigner avant chaque consommation pour limiter les risques, et surtout, rappelle-toi que personne ne peut te forcer à consommer !
Les raisons peuvent être diverses :
- L’envie de ressentir une légère euphorie ;
- Un sentiment de détente et de relaxation créé par la libération de dopamine due à la présence de nicotine ;
- L’amélioration de la concentration et de l’attention.
Cette légère euphorie peut être parfois décrite comme une sensation de “high” très légère. Cependant, ce ressenti ne peut pas être comparé aux effets de substances psychotropes. En effet le SNUS tout comme la cigarette ne sont pas des drogues psychédéliques.
Attention : certains consommateurs ont commencé l’utilisation du SNUS à cause de fausses croyances sur le produit, que ce soit par le bouche à oreille ou bien même par les vendeurs, ou encore le marketing alléchant.
La plus grosse fake news sur le SNUS serait qu’il aiderait le consommateur lors d’un sevrage de nicotine. Il viendrait alors remplacer la cigarette et permettrait de diminuer petit à petit le nombre de cigarettes fumées par jour. Mais attention, ceci est totalement faux, au contraire il maintient la dépendance à la nicotine. C’est pourquoi de nombreux jeunes fumeurs se mettent à consommer du SNUS, ils cherchent un moyen de réduire leur consommation de cigarette, mais se retrouvent pris au piège de cette substance qui rend le sevrage tabagique encore plus difficile. Pour le SNUS sans tabac et sans nicotine, il contient tout de même de la caféine et des édulcorants. Ce n’est pas sans risque, car cela peut provoquer une irritation des gencives, des palpitations et peut entraîner une dépendance liée à l’habitude du geste. Ce dernier point, peut rendre difficile l’arrêt définitif pour un fumeur.
Des études l’ont prouvée : en Suisse, là où la consommation de snus est la plus forte, une étude réalisée à Lausanne auprès d’un panel de 5000 personnes a démontré que ce produit augmente la probabilité que les jeunes adultes commencent à fumer.
Les non-fumeurs consommant déjà du tabac sans fumée ont davantage de risque de passer à la cigarette. Également, les personnes déjà fumeuses ont plutôt tendance à continuer même si elles consomment du tabac et du SNUS en parallèle.
Les consommateurs cherchent le sentiment de détente et de relaxation ainsi que l’amélioration de la concentration et de l’attention. Les facteurs énoncés sont très recherchés dans le domaine des sports de haut niveau. On peut parfois même apercevoir des footballeurs en consommer devant les caméras. Au niveau de l’agence mondiale antidopage, la nicotine n’est pas considérée comme substance interdite mais elle est tout de même surveillée.
Quels sont les risques ?
Le SNUS évite les problèmes liés à l’inhalation de la fumée et à la combustion du tabac pour les poumons contrairement à l’usage de la cigarette. Cependant le danger de cette consommation se trouve ailleurs. En effet, le SNUS favorise les cancers oraux et du pancréas mais peut également causer des lésions des muqueuses buccales. C’est toute la bouche qui en est impactée : infections, rétractions des gencives, saignements, souvent irréversibles.
Son utilisation peut également amener à une intoxication : le consommateur présente alors des syndromes nicotiniques aiguës, parfois sévères. On retrouve des signes tels que :
- Des vomissements prolongés qui peuvent entraîner une déshydratation,
- Des convulsions,
- Des troubles de la conscience,
- Une hypotension,
- Maux de tête,
- Vertiges.
Également, les produits contiennent de nombreux additifs : on y trouve des arômes permettant de changer le goût (fruité, sucré, naturel) qui rendent son utilisation plus agréable. Mais ce n’est pas tout, ces additifs augmentent l’absorption de la nicotine afin de maintenir une dépendance au produit.
Effets à court terme du SNUS :
Une fois le sachet placé entre la gencive et la bouche, des effets physiques apparaissent au bout de quelques minutes :
- Des picotements buccaux ;
- Une augmentation de la sécrétion d’acide gastrique ;
- Une réduction de la circulation sanguine dans les muqueuses qui entraîne la sensation de bouche sèche ;
- La stimulation de la libération d’adrénaline, de dopamine ainsi que de la sérotonine.
- L’effet “coupe faim”.
De plus, une augmentation de l’activité de système nerveux qui se manifeste par :
- Une augmentation de la fréquence cardiaque, de la fréquence respiratoire et de la pression artérielle.
Effets sur le long terme du SNUS :
Sa consommation est un facteur de risque avéré du cancer du pancréas, d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébraux mortels, autrement dit AVC.
Enfin, une dépendance à la nicotine peut apparaître. Une fois installée, il est compliqué de s’y défaire mais pas impossible. En effet, ton corps est habitué à la substance, c’est ce que l’on appelle l’accoutumance. Dès l’arrêt d’une consommation quotidienne, tu peux ressentir un manque et/ou l’envie irrépressible de consommer, comme le besoin urgent de fumer par exemple, c’est ce qu’on appelle le craving.
Dans le cadre de la consommation de SNUS, on constate l’apparition de symptômes de sevrage qui témoignent d’une dépendance nicotinique, et cette dépendance est plus forte chez les consommateurs de SNUS que chez les fumeurs. Ces symptômes se manifestent par :
- Un sentiment d’irritabilité ;
- De l’anxiété ;
- Des difficultés de concentration ;
- Dépression ;
- Envie de fumer.
Nos conseils pour réduire les risques :
Limite la durée d’exposition :
- Ne pas le garder trop longtemps dans la bouche car ça peut provoquer des lésions et des irritations.
- Espacer les prises pour limiter la dose de nicotines
- Changer l’endroit d’application pour éviter d’abîmer la même zone
Maintenir une bonne hygiène dentaire :
- Brossage régulier, bains de bouche sans alcool, visites chez le dentiste pour surveiller les lésions.
Utiliser des alternatives sans tabac :
- Les sachets de nicotine sans tabac contiennent uniquement de la nicotine et sont considérés comme moins nocifs que le SNUS traditionnel, car ils ne contiennent pas les substances cancérigènes du tabac. Cependant, ils ne sont pas moins nocifs qu’un SNUS traditionnel, car ils exposent à une dépendance à moyen et long terme et peuvent entraîner des syndromes nicotiniques aigus tels que des convulsions ou des vomissements.
Faire attention au signe d’addiction :
- Le SNUS peut entraîner une forte dépendance à cause de sa teneur élevée en nicotine.
- S’il y a des signes de forte dépendance, il ne faut pas hésiter à en parler à un professionnel qui peut t’aider.
Prise en charge :
Où trouver des renseignements et ou parler de ta consommation ?
Il y a les professionnels de santé :
- Médecin traitant, qui peut te rediriger vers des structures plus adaptées et prescrire des substituts nicotiniques comme les patchs par exemple pour aider à l’arrêt ;
- Tabacologue, spécialiste de la dépendance à la nicotine, disponible en hôpital, en centre d’addictologie ou en libérale.
Tu peux te rendre dans différents endroits qui t’accueilleront sans jugement et avec bienveillance :
- En CJC, ce sont des Consultations Jeunes Consommateurs qui accueillent gratuitement les 12-25 ans et également ton entourage ;
- En CSAPA, ce sont des Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie. Tu y trouveras des professionnels spécialisés dans l’accompagnement, la prévention et la réduction de risques ;
- En CMP, pour en parler a un professionnel de la santé mentale ;
- Le service “Mon soutien psy” propose 12 consultations annuelles gratuites par an. C’est un dispositif mis en place par l’État en association avec des psychologues.
Également, différents numéros sont à ta disposition si tu hésites encore à franchir le pas pour un rdv en présentiel :
- Le numéro de Drogue info service, joignable 7/7 et de 8h à 2h. C’est anonyme et gratuit :
0 800 23 13 13. Tu peux également effectuer une recherche sur leur site internet pour trouver une structure d’aide près de chez toi.
- Il y a également Tabac info service, joignable du lundi au samedi de 8h à 20h. C’est anonyme, confidentiel et gratuit : 39 89. Tu seras en contact avec des conseillers spécialisés et aura la possibilité de faire un programme d’accompagnement personnalisé. Ce programme pourra être fait via l’application mobile.
Quelques chiffres clés :
- 1 Sachet de SNUS peut être l’équivalent de 10 cigarettes et contient plus de 4000 substances toxiques.
- Une cigarette contient 1 à 2 milligrammes de nicotine tandis que le SNUS à une concentration de nicotine variant entre 3 et 20 milligrammes.
- En Suède, 15% de la population en consomme, et en France, l’ANSES stipule que la consommation de SNUS ne cesse d’augmenter depuis 2020.
- En Suisse, 7,2% des jeunes entre 15 et 24 ans consomment des Snus selon l’ESS (enquête suisse sur la santé). En Norvège, on a 29% des hommes de 16 à 24 ans qui en consomment quotidiennement.
- La consommation de SNUS augmente jusqu’à 3 fois le risque de cancer du pancréas et de l’œsophage.
En cas de besoin, n’hésite pas à parler de ta consommation à un professionnel de santé. En parler, c’est déjà agir sur sa santé en vue de l’adoption de comportements qui lui seront plus favorables !
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